RÊVES DE LA FIN ET DU COMMENCEMENT DU MONDE
C'est l'hiver à Ushuaia et je lis le journal de Mary Shelley : « Que peut être l'oubli, sinon une inactivité du souvenir ? » C'est de cette question que naît cette série, qui explore la fragilité de la mémoire et la façon dont le temps altère le sens originel de ce qui est perdu. Les souvenirs apparaissent fragmentés, idéalisés, traversés de vides et de détours, comme des scènes qui émergent dans un rêve.
La séquence rompt toute linéarité chronologique et se construit à partir d'associations intuitives, affectives et discontinues. Le rêve fonctionne ici comme image du désir, un espace où l'absent peut encore être convoqué, même de façon partielle, diffuse ou impossible.
Entre restes, projections et évocations, la série propose d'habiter ce seuil ambigu entre disparition et permanence, entre la fin d'un monde et la possibilité, encore fragile, d'un nouveau commencement.